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Korova

Décompte - Chapitre 1 : Mathurin le vieux solitaire

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Mardi 1er novembre

30 rue Lamartine. L'adresse de ma première mission.

Je me trouve devant une maison très banale, dans un quartier populaire. Je vois le vestige d'une ancienne usine à l'arrière-plan de la maison. La cheminée de briques rouges domine encore toutes les constructions des environs. Mais son délabrement indique clairement qu'elle n'est plus en service depuis bien longtemps.

Cet abandon semble avoir contaminé tout le quartier. De toutes les maisons semblent suinter l'abattement et la défaite. Ce n'est pas tant que les maisons soient si vieilles, non. Elles semblent juste refléter une désolation lente et insidieuse, venue de l'intérieur.

Ou bien c'est peut-être juste moi qui projette l'échec de ma propre existence dans ces pierres inertes. Après tout, j'ignore tout des habitants de ce quartier et de leur histoire. Enfin, je devrais bientôt en savoir plus sur au moins un des habitants de ce quartier. Ça fait partie du mode opératoire de la mission...

Je ne sais pas depuis combien de temps je suis en train de fixer la plaque du numéro de la maison. Je me suis perdu dans mes pensées. Je crois que je suis pas très pressé de commencer le boulot. Pourtant, si je veux réussir à remplir l'objectif, j'ai plutôt intérêt à me donner à fond et à récolter le maximum d'unités karmiques dès le départ. Le subalterne m'a prévenu que ce serait de plus en plus difficile au fur et à mesure que le temps passera. "Collecter le karma peut être épuisant", m'a-t-il prévenu.

Il a raison, je n'ai pas encore commencé, et je me sens déjà vide. Il faut pourtant que je rentre dans la maison, que je parle à ce... Mathurin (Mathurin ?! entre nous, quel drôle de nom, ses parents n'ont guère été sympa avec lui...). Mais je ne me sens pas prêt. Je suis toujours là à contempler la plaque du numéro.

Je me cherche des excuses. Dans ma tête, je récapitule pour la ixième fois ce que le Subalterne m'a expliqué. "Pour pouvoir collecter leur karma, il faut réussir à le faire affleurer à la surface de leur aura. Il ne suffit pas de les approcher, il faut être proche d'eux. Pas au sens 'distance' du terme, même s'il faut quand même être à côté pour la collecte. Non, il faut réussir à être proche sur le plan spirituel, les amener dans une zone d'intimité de leur être.

— Et comment on fait cela ?

— Le plus simple est sans doute de leur parler, les amener à penser ou a discuter de moments de leurs vies forts en émotions, ou les amener à ressentir ses émotions. Chaque collecteur finit par avoir ses propres trucs pour parvenir au résultat. Nous ne nous préoccupons pas des techniques mises en oeuvre, seul le résultat nous importe.

— Et une fois le karma à la surface de l'aura ?

— Grâce à votre pouvoir de collecteur, il vous suffit littéralement de tendre la main pour récupérer les fragments de karma. Dès que vous les touchez, ils se transfèrent immédiatement dans le collecteur. En fait, cette partie-là ne pose aucun problème, c'est tout simple. Non, le vrai challenge, c'est réussir à faire affleurer le karma, ça demande de vous investir énormément dans la mission. C'est cet aspect du boulot qui est si épuisant pour les collecteurs."

Je me sens déjà tellement vide... Où vais-je donc trouver cette énergie pour aller tirer du karma de parfaits inconnus ? Je sais bien que mon propre équilibre karmique a été restauré, et le restera tant que j'exercerai ce boulot, mais je n'arrive pas à percevoir le moindre changement par rapport à avant. En même temps, si j'avais été si en forme, je n'aurai jamais été désespéré au point de prendre ce boulot en premier lieu.

Voilà la vraie raison pour laquelle je suis toujours devant la maison, en train de me demander avec angoisse quelle stratégie adopter pour créer un connexion immédiate et effective avec ce Mathurin. Et s'il n'était pas là ? (Mais je sais bien qu'il est là. "Les infos du carnet sont toujours justes, si vous les suivez avec précision." De plus, mon tout nouveau pouvoir me permet de détecter mes "cibles" si elles sont à proximité. Je sens l'aura qui m'intéresse, bien que je ne sois pas encore entré dans la maison).

Bon, il est temps d'en finir. Je ne sais toujours pas comment je vais m'y prendre, mais tant pis. J'improviserai. Il faut bien commencer. Je m'efforce de lutter contre l'inertie qui veut me clouer sur place, et je m'approche de la porte. Cette fois, il faut toquer, et ne pas repartir avant d'avoir collecté un maximum de karma...

"C'est pour quoi ?"

La porte s'est ouverte sur un vieux grincheux. La tâche ne va pas être facile...

"Bonjour, je cherche Mathurin Bélorgey. C'est vous ?"

— C'est pour quoi ? répète l'homme sans répondre à ma question, le ton rendu encore plus acariâtre par la méfiance.

— Et bien, c'est un peu compliqué et long à expliquer. Est-ce que je pourrai entrer et vous expliquer tout cela tranquillement ?

— Vous êtes qui d'abord ? Je vous préviens, je n'achète jamais rien aux vendeurs au porte à porte, je ne donne d'argent à aucune organisation charitable, je...

— Non, non ça n'a rien à voir !"

Je tente frénétiquement de me souvenir ce que j'ai réuni de sa biographie pour trouver un angle d'accroche.

"Je connaissais votre fils, c'est pour cela que je viens vous voir... tenté-je, dans un sursaut quasi-désespéré.

— Mon fils est mort ! je n'ai rien à vous dire, me rétorque-t-il d'un ton définitif.

— Je sais, je sais, c'est justement pour cela que je voulais vous parler..."

La porte est en train de se refermer, vite, il faut que je trouve quelque chose... Dans l'instant, je ne trouve rien de mieux que de coincer mon pied dans la porte avant qu'elle ne me claque au nez.

"S'il vous plaît, je n'ai besoin que de quelques moments de votre temps, et c'est important pour moi."

La porte s'est immobilisée, mais la méfiance est toujours inscrite sur le visage de l'homme.

"Vous m'avez dit que vous étiez un de ses 'amis', c'est ça ?" Le mépris perceptible dans sa vois est glaçant.

"Euh, en quelque sorte...

— Je ne veux rien à voir avec des gens comme vous ! Allez-vous en !"

La porte presse à nouveau sur mon pied.

"Attendez, c'est un malentendu, je ne suis pas ce genre d'ami ! Je connaissais bien votre fils, mais en fait, je suis plutôt un collègue."

La porte s'est à nouveau immobilisée.

"Qu'est-ce que vous voulez alors ?"

Je tente frénétiquement de trouver un raison plausible qui pourrait justifier que je veuille parler au père d'un collègue décédé, père avec qui il n'était plus en contact depuis des années.

"Nous avons décidé d'écrire un ouvrage sur les membres de notre département, et je suis à la recherche d'éléments biographiques sur son enfance, de souvenirs, ce genre de choses.

— Sa mère aurait pu vous renseigner pour ce genre de choses, mais elle n'est plus là. Je ne peux rien pour vous."

D'agressif il est soudain devenu comme indifférent. Même si sa dernière phrase sonnait comme un fin de non recevoir, la porte est restée entr'ouverte, et il ne cherche plus à la claquer, comme s'il avait renoncé à se battre. Je dois insister encore un peu, et il va céder.

"Tout est bon à prendre, ce sera toujours plus que ce que nous avons déjà, il ne nous parlait jamais de son enfance. Je vous aiderai à réunir ce que vous pourrez. Si vous me laissez entrer, vous verrez, tout se passera bien, et nous prendrons le temps qu'il faudra.

— Oh, comme vous voudrez, après tout. C'est vous qui avez du temps à perdre."

Il me tourne le dos, amer, me laissant libre de pousser la porte et pénétrer dans la maison. Il ne fait même pas mine de m'accueillir, et retourne simplement dans le salon s'asseoir sur le fauteuil fatigué où il doit passer l'essentiel de ses journées. Je dois presque me presser pour le suivre, et il ne m'accorde déjà plus aucune attention.

Nous restons à nous contempler en silence pendant un long moment. Ou plus exactement, je le regarde pendant qu'il essaie vainement de détourner son regard, mal à l'aise. Là encore, il finit par céder : "Vous voulez boire quelque chose ? J'ai peut-être encore quelques bières au frigo, et il me semble qu'il reste encore un peu de café de ce matin." Ce n'est peut-être qu'un prétexte pour repousser le moment où nous devrons parler, avoir une boisson à la main nous donnera peut-être une contenance, à l'un comme à l'autre. "Du café, ce sera parfait."

Je profite du temps où je l'entend s'agiter dans la cuisine pour réfléchir à la suite de l'entretien et observer le décor qui m'entoure. Je ne sais pas pour les autres maisons du quartier, mais celle-là suintait bien l'abandon. J'ai l'impression d'avoir violé l'intimité de ce pauvre type. Un fils qu'il a renié il y a des années, mort avant qu'il ait pu se réconcilier avec lui (pour autant qu'il l'ai souhaité), une femme, morte également (de chagrin ? d'ennui ?). Il ne lui restait que cette maison, qu'il laissait lentement décrépir comme tout le reste de sa vie.

Pendant que je me fais ces sombres réflexions, il finit par revenir avec deux tasses dépareillées qui sentent le café bouilli. La goutte d'eau pour conclure cette rencontre hautement déprimante. Pendant que je sirote poliment sa mixture infâme et qu'il avale distraitement la sienne, il demande :"Alors, qu'est-ce que vous voulez savoir ?

— Et bien, quel genre d'enfant était votre fils ? Qu'est-ce qu'il faisait quand il était petit ? Avait-il des passions ? Auriez-vous des anecdotes à me raconter ?

— Je ne sais pas trop quoi vous dire... C'était un enfant tout ce qu'il y a de plus banal... P'têt ben un peu trop fourré dans les jupes de sa mère, mais bon, c'était not' seul enfant alors elle le couvait..."

Il a l'air de chercher désespérément quoi dire. Il n'a sans doute plus l'habitude de parler depuis toutes ces années où il vit seul. Il n'a sans doute jamais été très bon pour exprimer des sentiments... À regarder son aura, presque évanescente, je me demande quelle quantité d'énergie karmique il peut encore bien avoir... J'ai l'impression que je vais braquer une ambulance.  J'ai presque envie de consulter discrètement le carnet, histoire de vérifier que c'est bien la bonne maison et le bon Mathurin.

Il a fini par se taire sans que je m'en aperçoive. Il tient sa tasse quasiment vide entre ses mains crispées. Il y met tant de force que ses mains tremblent. Tout son visage se met insidieusement à exprimer une souffrance énorme, qu'il n'arrive qu'à traduire en mots maladroits : "Je sais bien que c'était un bon petit... Ma femme m'avait dit que j'aurais dû lui pardonner, mais j'étais tellement têtu... Et puis elle a fini par m'abandonner aussi..."

Il explose tout à coup, sans avertissement : "Mais bon sang, comment a-t-il pu tourner comme ça ! C'était pas de ma faute tout de même ! J'étais un bon père, je lui ai montré comment un homme doit être, nom de... Pourquoi est-ce qu'il n'a pas pu se trouver une fille comme tout le monde !"

Et là, comme par miracle, sa colère modifie brutalement son aura. Elle se densifie et s'éclaire, d'une lueur plus forte bien qu'en partie malsaine. L'énergie karmique semble affluer, sans que je comprenne d'où elle peut bien provenir.

Sans réfléchir, je tend la main vers lui pour ramasser toute cette manne.

"Mais qu'est-ce que vous faites ! éructe-t-il. Vous n'allez pas me toucher quand même ! Je croyais que vous n'étiez pas de ce genre-là.

— Non, c'est un malentendu, je voulais juste... enfin... un simple geste d'amitié..." balbutié-je.

Son dégoût n'a fait que renforcer son énergie, et je continue à ramasser les fragments de karma qui planent dans toute la pièce, mais plus prudemment.

L'homme finit par se calmer et semble se recroqueviller encore plus profondément dans son fauteuil. Il éclate en sanglots déchirants : "Mon petit ! Je ne l'ai jamais revu. C'est comme s'il était mort pour moi ! Et ma femme qui m'a reproché jusqu'à son dernier souffle de ne pas lui avoir parlé avant qu'il soit trop tard."

Son aura se modifie à nouveau, et une autre forme d'énergie l'habite. Cette fois cependant, j'évite de tendre la main et je collecte l'énergie résiduelle de loin.

Je commence à comprendre pourquoi la collecte de karma est si épuisante. Les fragments me traversent avant d'être fixé dans le collecteur, et je ressens  jusqu'au plus profond de mon être les émotions qu'ils véhiculent ; après la colère malsaine et la culpabilité déchirante, je suis le réceptacle d'une tristesse sans espoir.

Le vieil homme s'est tu à nouveau, mais il me jette un regard muet qui dit clairement : "Qu'est-ce que j'aurais dû faire ?" Son corps continue de tressauter sous ses sanglots désormais silencieux.

J'ignore si c'est parque que je viens de lui confisquer tout ce qui lui restait de karma, mais il semble vidé de toute énergie, comme paralysé. Je ne sais pas quoi faire pour lui, et ma mission est accomplie en fait.

"Je pense que je tombe mal, il vaudrait sans doute mieux que je revienne une autre fois, quand vous vous sentirez mieux...

— Non, attendez, je ne veux pas rester seul, dit-il d'une pauvre petite voix.

— Vous n'avez pas l'air d'être en état de parler de votre fils maintenant, je suis désolé d'avoir réveillé des souvenirs douloureux. J'ai d'autres personnes à voir, je suis sûr que nous aurons l'occasion d'avoir une discussion plus fructueuse à un autre moment...

— S'il vous plaît, restez encore un peu..."

Mais c'est au dessus de mes forces. J'ai la désagréable impression d'être un vampire, venu me repaître de ses angoisses et sa douleur.

"Merci pour le café et votre temps, ne vous dérangez pas, je vais retrouver mon chemin tout seul."

Le pauvre vieux n'essaye même pas de me retenir, ne fait même pas mine de me lever. En sortant de la pièce et de la maison, je peux l'imaginer, tassé dans son fauteuil, à ressasser son passé sans parvenir à comprendre où il commis une erreur. Je peux le voir, immobile, creux et inutile dans son salon, tandis que je referme doucement la porte sur son malheur. Cette première expérience était vraiment déprimante, et j'espère qu'elle n'est pas représentative de ce qui m'attend pour les vingt-neuf jours encore à venir.

Je prend un longue expiration sur le trottoir avant de passer à autre chose et histoire de me remonter le moral, je consulte rapidement le compteur du collecteur. Je suis agréablement surpris par le chiffre, finalement, ce vieux avait encore une sacrée réserve de karma ; le compteur indique 3317.


Image d’illustration par Mingo Hagen, sous licence Creative Commons BY

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Korova

Décompte - Prologue : le job

6 min read

Voici le début de mon “roman”, écrit le 1er novembre à partir de minuit, avant d’aller me coucher. Il s’agit pour l’instant du prologue, rendez-vous plus tard pour le premier chapitre !


 

"Bonsoir, je viens pour l'annonce.

— Vraiment ? Quelle annonce, déjà ?

— L'annonce pour le poste de collecteur karmique."

Des voix tiennent un bref conciliabule à mi-voix, avant de me demander de m'avancer.

"Enfin un candidat !

— C'est de plus en plus difficile de trouver des gens pour faire le travail...

— Approchez-vous, vous êtes au bon endroit, on va vous expliquer..."

La pièce est plongée dans la pénombre. C'est comme l'atmosphère d'un bar de nuit, juste avant la fermeture, quand la salle s'est vidée, mais qu'on sent encore les relents de la soirée qui vient de s'écouler. Pourtant, en réalité, la soirée n'a pas encore commencé.

Au fond, les seuls occupants, alignés à une petite table, sont des créatures de l'ombre. Une lumière indirecte les nimbe, mais ils ne sont que des silhouettes.

Je m'avance lentement, comme attiré malgré moi. Prendre ce boulot ne m'enchante guère, mais je n'ai pas vraiment le choix.

"Asseyez-vous, je vous en prie. Vous savez en quoi consiste le job ?

— Je dois rencontrer des humains qui ont abusé de leur karma et récupérer les unités de karma surnuméraire, c'est cela ?

— En gros, oui.

— L'annonce ne précisait pas quels étaient les conditions à remplir pour pouvoir postuler... simplement que l'équilibre karmique des employés était garanti."

Bien que leurs visages soient indiscernables dans la pénombre, je sens bien que les trois créatures de l'ombre échangent des regards. Est-ce que je viens de marque un point ou au contraire de de griller ? J'éprouve soudain un frisson au plus profond de mon être, au moment où la créature au centre du groupe agite doucement les mains.

"Je vois... Vous êtes au plus bas au niveau karmique..., commente-il

— Une ombre qui connaît la valeur du karma... Cela fait parfois les meilleurs candidats, lui murmure la créature à sa gauche.

— On peut toujours le prendre à l'essai, s'il passe l'épreuve nous serons fixés, ajoute la créature de droite.

Celui qui est manifestement le chef semble réfléchir quelques instants.

"Fort bien. Comme vous pouvez le constater, nous ne croulons pas sous les candidatures, nous allons donc vous donner une chance de faire vos preuves. Aucune compétence spéciale n'est requise, nous vous fournirons tout ce dont vous avez besoin. Dès que vous aurez signifié votre engagement, vous recevrez le pouvoir de collecter les unités de karma, et nous vous attribuerons le matériel qui vous permettra de les conserver et d'en suivre le compte."

J'opine silencieusement de la tête. J'essaie de ne pas trop laisser transparaître le soulagement que me procure le fait que l'entretien se poursuive.

"Aucune compétence spécifique n'est requise, en dehors de votre statut d'ombre, vous pouvez donc être tout à fait qualifié pour le travail. Cependant,ce travail est vraiment très spécifique et les enjeux attachés sont importants. C'est une activité qui ne convient pas à n'importe qui et il n'y a pas trente six façons de déterminer si vous convenez ou non."

Je sens les deux autres créatures opiner de la tête.

"C'est pourquoi vous ne serez engagés pour l'instant qu'à l'essai, pour une durée de trente jours. Et... "

Il se tourne vers un de ses voisins : "Une liste, voyons !"

Ce dernier se retourne précipitamment pour récupérer un carnet dans un tiroir à proximité. Il enchaîne : "Voici un liste de trente cibles, à collecter d'ici la fin de la période qui vient de vous être assignée. De ces trente cibles, vous devez réussir à tirer... combien ? demande-t-il au chef.

— 50000. Vous devez récupérer au minimum 50000 unités karmiques si vous voulez espérer être embauché -et bénéficier de la garantie d'équilibre karmique associée au poste..."

50000... C'est énorme... Mais je n'ai pas le choix... Et plus grand chose à perdre finalement.

"Très bien, j'ai compris les conditions. Je commence quand ?"

J'ai l'impression que ma détermination a fait sourire le chef, bien que je ne puisse pas distinguer les traits de son visage.

"Mon associé va vous attribuer un conteneur karmique et vous expliquer les procédures, vous verrez, rien de bien sorcier."

Je me lève pour suivre une des créatures, qui tire un étrange objet d'un autre tiroir. Une étrange énergie s'en dégage, à la fois puissante et inquiétante.

"Votre conteneur karmique... Vous pouvez suivre le compte des unités collectées grâce à ce chiffre, sur le dessous. Tiens, je crois que vous avez de la chance, ce conteneur n'est pas totalement vide, vous ne partirez pas de zéro ! Si vous voulez bien me suivre pour le reste de formalités et la façon d'utiliser votre nouveau pouvoir..."

Nous nous apprêtons à sortir de la pièce quand le chef me lance une dernière recommandation : "Rendez-vous le 1er décembre à minuit, au même endroit. Nous verrons bien si vous êtes fait pour ce travail. N'oubliez pas de ramener le conteneur !"

La subalterne m'entraîne à sa suite. J'ai du mal à me concentrer sur toutes les informations qu'il me délivre sur les tenants et aboutissements de ma mission. Je suis trop occupé à essayer de ne pas penser à ce qui m'attend pour les trente jours à venir. Je ne peux pas m'empêcher de jeter un coup d'oeil furtif sur le décompte du conteneur pour savoir combien d'unités karmiques sont déjà dans l'objet, autant d'unités que je n'aurai pas besoin de collecter pour arriver aux 50000 fatidiques.

La jauge annonce : 876.


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Korova

2016, c'est parti !
Cette année, je vais tenter le feuilleton, avec 30 histoires indépendantes (une par jour), sans préparation préalable. j'ai juste une image par jour, avec comme fil rouge un décompte (De 30 à 1)
Je ne sais pas du tout où je vais, on verra bien !

Korova

J+2 après la fin théorique du 2016.
Encore raté ! (mais je peux peut-être finir avant le 8, ce sont les vacances)

Cette fois, il faut que l'écrive, mon article "Pourquoi je réussis le NaNoWriMo et je rate le NaNoRenO"

Korova

Point sur les projets

9 min read

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On est au mois de juin, le lycée a renvoyé les élèves dans leurs pénates pour préparer les salles pour le bac, c'est le mois où je peux souffler et entreprendre (ou reprendre) des projets.

(En plus, cette année -pour l'instant- pas de corrections programmées, ni pour le bac ni le BTS. La liberté !)

Nouveau projet : Clair Obscur

Dans la série "Exercices d'écriture" (une série de VN/KN basée sur le concept "un mot, quelques images à partir d'une recherche sur Flickr avec ce mot, une histoire à partir de ces images).

Pour ce projet, le mot de base était donc... Clair obscur !

La sélection d'images qui servent de base à l'histoire (un peu plus nombreuses qu'habituellement) :

Mashup des images de base de l'histoire

Présentation plus détaillée du projet dans la section "Développements en cours"

Le projet avance plutôt bien (grâce à la baisse de la masse de travail du boulot à cause de la période de l'année et aussi au retour du beau temps et des jours rallongés qui boostent le moral)

Les images et leurs animations sont déjà quasiment toutes prêtes, le synopsis de l'histoire est très clair dans ma tête, et l'écriture achevée à 80%. Il manque encore quelques musiques et effets sonores, mais c'est en cours de recherche.

J'ai bon espoir de finir ce projet d'ici la fin du mois.

Après, il faudra s'atteler à la traduction anglaise (si ça pouvait être avant la semaine prochaine, ce serait parfait, pour je puisse la faire relire par ma collègue dont l'anglais est la langue maternelle)

Mais les autres projets commencés ? ...

Ou : pourquoi commencer un nouveau truc alors que plein d'autres ne sont pas finis.

Alors déjà, les autres ne sont pas abandonnés, mais juste plus ou moins en pause, depuis plus ou moins longtemps.

Faisons le point, en commençant par :

LE projet qui fâche : Au bord du lac ("Failed" NanoRenO 2015)

Aperçu de Rappel : présentation du projet sur ce blog, annonce de la participation au Nano, présention du projet sur Tumblr

Le NanoRenO étant un projet qu'il faut réaliser au cours du mois de mars, et étant donné qu'on est au mois de juin, il paraît assez évident qu'il a foiré. (Il faudra que j'écrive un article pour expliquer pourquoi.)

  • Le synopsis est prêt, même si quelques détails restent à compléter (au fur et à mesure de l'écriture selon ma méthode habituelle et non-organisée).
  • Les images sont prêtes également.
  • La programmation est faite, mais il reste des corrections de bugs
  • Une route est totalement écrite, une autre à moitié, et plusieurs ébauchées.
  • Les crédits pour les images sont déjà rédigés

Le projet est donc finissable, avec un peu d'investissement.

Il est néanmoins officiellement en pause pour le moment, pour finir les autres projets mis en pause pendant le NanoRenO. (Et puis aussi parce que cet échec m'a un peu plombé le moral, j'ai besoin de laisser passer un peu de temps pour digérer et m'y remettre sereinement.)

Il restera donc :

  • les histoires à rédiger
  • les musiques et effets sonores à chercher et intégrer + crédits à compléter

Si je suis courageuse, je devrais pouvoir m'y remettre avant la fin de l'été...

Le projet qui est presque fini : Couleurs

Aperçu de Rappel : présentation du projet

Historique : l'idée initiale du projet date de juin 2014 (juin, c'est le mois de l'inspiration je vous dis), date à laquelle j'ai fait la recherche d'images et le traitement d'un certain nombre d'entre elles. Le projet est mis en pause assez rapidement (pour cause de travail sur la compilation, panne d'inspiration pour les histoires individuelles et arrivée de la fin de l'été, donc de la rentrée et de son stress et rush de boulot lié à la période). Le NaNoWriMo de novembre ne permet pas une reprise du projet. Le projet se réveille pour la nouvelle année 2015, et avance plutôt bien jusqu'en mars, où il s'interrompt une deuxième fois pour cause de NanoRenO. Et nous voilà en juin.

Avancement actuel du projet :

  • Choix et traitement des images achevé
  • Rédaction et programmation d'un contexte pour relier toutes les histoires entre elles
  • Rédaction de 4 histoires sur 6 (une septième histoire en option ?)
  • Musiques pour deux des histoires et le contexte
  • Crédits prêts pour les histoires rédigées

Reste à faire :

  • Rédaction de deux histoires (voire trois)
  • Recherche et intégration des musiques manquantes

Très jouable, il reste en réalité juste de la rédaction d'histoire à faire. Je compte utiliser mes heures de surveillance de bac pour rédiger les brouillons, ce qui manque devrait être prêt pour la fin du mois (j'avais rédigé une bonne partie de "Une question de temps" en surveillance de bac, même s'il a fallu que je reprenne pas mal le texte après coup).

Conclusion : résolument optimiste sur ce projet.

Les traductions en cours

  • Un projet achevé : Chocolat, pour lequel j'ai fait depuis déjà un bon moment un promier jet de traduction. Il faut juste que je choppe ma collègue anglophone pour qu'elle le relise.
  • Un autre projet achevé : Une question de temps, pour lequel j'ai fini en une après-midi il y a deux jours le premier jet de traduction. Il faut que je le mette en forme pour la relecture (je maudis Ren'Py qui n'extrait pas les traductions comme il le fait du texte principal, grrr). Il faut que ce soit fini rapidement, toujours pour le donner à relire à ma collègue anglophone

Une fois les traductions finalisées, je pourrai envisager une publication sur Lemmasoft, voire sur la liste de jeux Ren'py.

Le projet qui pourrait ressusciter : Portraits

Aperçu C'est quoi : voir les posts de suivi du projet sur Tumblr

Historique :  au départ, c'est toujours une recherche d'images à partir du mot-clé "portrait". Je songe alors à raconter l'histoire de plusieurs personnes, et je veux faire une histoire policière (une envie qui me tarabuste depuis longtemps). Je finis par pitcher une histoire de nécro-détective, qui fait témoigner les morts pour résoudre les affaires insolubles. Mon autre envie du moment, c'est de faire une histoire non plus linéaire, mais interactive. J'imagine alors une histoire de sextuple meurtre, il faut donc interroger les six victimes, dans l'ordre au choix du joueur, et avec un nombre limité de question à poser pour chaque "témoin". L'idée était qu'en fonction des questions posées, on arrive  résoudre l'affaire ou pas. Après un assez grop boulot sur la programmation de la structure, je cale au moment de la rédaction, plus complexe que ne l'avais envisagée au départ. Puis c'est la rentrée et le boulot qui reprend le dessus.

Réalisé :

  • Gros travail sur les images (recherche et traitement graphique + programmation des animations pour l'effet "fantôme")
  • Programmation de la structure de l'histoire et des mécanismes de choix du personnage à interroger et de la limiation du nombre de questions à poser.
  • Rédaction de toute l'introduction (qui présente l'affaire et les personnages du détective, de son assistant, et des forces de polices locales en charge de l'affaire)

Mes intentions :

Ayant entamé plusieurs autres projets depuis celui-là, je me suis dit qu'il était définitivement foutu. La complexité de la trame était décourageante.
Malgré tout, l'idée de tout le travail graphique déjà effectué, et la rédaction de toute l'introduction avec son contexte fantastico-policier que j'avais pris beaucoup de plaisir à écrire me laissaient un goût amer.

Avec "Au bord du lac", j'ai un projet plus "interactif", et je pense que je peux le finir.
J'ai donc fini par me dire récemment : et pourquoi ne pas reprendre "Portraits", mais sans ce côté choix interactif, pourquoi ne pas en refaire un KN, une histoire linéaire plus classique. J'avais pris des notes sur l'histoire de chacune des victimes, je savais qui est le coupable, ses mobiles, etc. J'ai un bonne visualisation du héros de l'héroïne et son assistant, beaucoup de matériel graphique est prêt... Le KN, c'est LA solution.

Conclusion : après avoir fini Clair Obscur et Couleurs, je me replongerai bien dans Portraits, histoire de ne pas gâcher tous les efforts déjà investis. Avant, après ou en même temps qu'Au bord du lac ? On verra...

Korova

NaNoRenO 2015 : tentons l'aventure !

3 min read

NaNoRenO, kesako ?

Le NaNoRenO est au Visual Novel ce que le NaNoWriMo est au roman : en un mois, il faut réussir (seul ou avec une team) à produire un Visual Novel.

Un peu comme le NaNoWriMo, il s'agit plus de faire un premier jet, lisible et jouable, même s'il n'est pas encore complet, peaufiné voire exempt de bugs.

NaNoRenO, et moi ? (et moi, et moi...)

 Après moult hésitations, j'ai décidé de tenter l'expérience cette année (retenter ? J'avais inscrit un projet sur Lemmasoft, le forum du VN en langue anglaise qui organise le NanoRenO, mais à cause d'un très mauvaise calibratin de mon projet, ce fut un gros fiasco.)

Après tout, si j'avais réussi le NaNoWriMo, pourquoi je ne ne vaincrai pas le NaNoRenO ?

Je travaille donc depuis le 1er mars (oui, on est déjà le 11, mais nanoter ou poster, il faut choisir...) sur un projet de taille plus modeste. Ça s'appelle (titre provisoire ?) "Au bord du lac" (   )

Splashscreen de titre

Présentation du projet

Ça raconterait en quelque sorte l'histoire de quelqu'un (le joueur ?) qui, en regardant un couple au bord du lac, s'amuse à imaginer leur histoire. Le VN lui pose régulièrement des questions, qui lui permettent de décider comment l'histoire va continuer. Rien de révolutionnaire ici.

L'histoire peut donc devenir histoire d'amour ou de science-fiction, suivre l'homme ou la femme quand il se séparent, avoir une fin heureuse ou une fin tragique en fonction des choix de joueur (enfin... plus ou moins...)

L'aspect graphique du jeu va aussi évoluer (et un peu se complexifier) au fur et à mesure que l'histoire avance pour refléter les choix du joueur et le développement de l'histoire.

Genèse du projet

Tout est parti de cette image

En Vert et Rose Je suis tombée dessus par harsard, en tentant de retrouver un autre photo dont j'avais oublié de noter les références.

Et en la regardant, je me suis dit : "mais c'est quoi l'histoire de ce couple ? Qu'est-ce qu'il leur arrive avant ? ou après ?" Pourquoi ne pas en faire une histoire ? ou même plusieurs ?

Et mon idée de projet était lancée.

Architecture du projet

À partir de là, je me suis mise à travailler uasiment "comme d'habitude", c'est à dire que j'ai sélectionné 5 ou 6 images supplémentaires sur Flickr -sur le thème du vert et rose- et j'ai commencé à réfléchir à l'histoire.

J'ai rapidement décidé qu'il y aurait plusieurs histoires, pour augmenter les interactions avec le joueur, MAIS qu'en fait, les images resteraient les mêmes quels que soient les choix (ce qui par effet de bord limite le nombre d'assets graphiques à traiter, élément crucial en période Nano, surtout quand on n'a aucun talent graphique comme c'est mon cas.)

Le challenge, par rapport à ma méthode habituelle, consiste à non pas inventer l'histoire qui va avec les images, mais à inventer PLUSIEURS histoires, toujours inspirées des MÊMES images.

Pour suivre le projet